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Réalisations 2006

samedi 27 février 2016 par Échange non marchand

Réalisations 2006

Larges extraits de La Lettre d’ENM n°6

L’hôpital (CSBN II) fonctionne mieux. L’équipe s’est agrandie : Bienvenue, une sage-femme, a été nommée par le gouvernement et décharge Méline d’une grande partie des urgences de nuit. L’infirmier, père de 24 enfants, ne boit plus et un jeune médecin bénévole vient renforcer le groupe des soignants un jour par semaine.
La maternité est enfin entrée en fonctionnement. Fini les accouchements d’urgence à la lueur d’une bougie au CSBN II de Befotaka. ENM a financé l’installation d’un éclairage solaire en 24 volts à partir des panneaux photovoltaïques de l’hôpital juste en face. Nous finançons aussi la réparation du bâtiment fragilisé par la dernière saison des pluies, plus des réparations et des aménagements indispensables à l’intérieur, entre autres pour empêcher les chauves souris de couvrir la table d’accouchement - archaïque et rouillée - de milliers de crottes parfumées. Zara est maintenant salariée par ENM à plein temps pour le maintien de la propreté dans les 2 unités de soins.
Le cabinet dentaire fonctionne uniquement pour les urgences et seulement quand un dentiste vient de France, malheureusement. L’ensemble des instruments est là, le siège, les anesthésiques, les daviers, etc.

L’éducation des enfants prend plus d’importance parmi les actions de ENM. Comme pour tout le reste, c’est à la demande de Méline,qui nous transmet les souhaits des « femmes réveillées » dont elle est présidente, que nous salarions maintenant 3 instituteurs à Ambalasotry et une institutrice à l’école publique de Befotaka. Jusqu’alors il n’y avait que 3 instituteurs payés par le gouvernement et trois autres payés par les parents d’élèves pour 567 élèves.
Par ailleurs ENM a payé la construction de tableaux noirs en béton et prend en charge la nourriture pour 5 en¬fants qui vont ainsi pouvoir aller au collège à Befotaka : ce sera la première fois que des enfants de ce village dépasseront l’école primaire. Ils y logeront dans une case construites par leurs parents.

A la bibliothèque, la nomination d’un nouveau bibliothécaire, très professionnel, par Méline change tout. Nous avons, tous ensemble, lors de no¬tre passage, réorganisé ladisposition des livres, aug¬menté le nombre d’étagères. La lumière, en 220 volts, provenant du groupe électrogène devait être installée ces jours ci,le but étant d’ouvrir la bibliothèque le soir, entre 18h et 22h pour que les enfants qui le désirent puissent faire leurs devoirs, et éventuellement être aidés, ou lire des livres. La nuit tombe toute l’année à 18h. Il n’est pas facile de travailler à la bougie dans une maison d’une seule pièce au milieu d’une famille nombreuse. Un tableau noir en ciment sera construit pour les formations ou rencontres diverses.

L’atelier décorticage-soudure-groupe électrogène : la dépailleuse installée en 2005 fonctionnait très peu depuis quelques mois. Les femmes ne veulent pas manger le riz complet qui sort de cette machine car elles ne reconnaissent pas ce goût. Nous avons donc décidé d’acheter une polisseuse (+ un moteur électrique) qui blanchit le riz, bien que ce soit contraire à nos souhaits personnels. Méline se chargera de convaincre les femmes dont les enfants sont dénutris, de leur faire manger ce fameux riz complet qui contient les nutriments et les vitamines qui leur manquent si souvent.L’enjeu est très important.
ENM a donné l’ensemble de ce complexe en 2005, bâtiments et machines, à FRN (Femmes, réveillons-nous) le but fondamental de cet atelier étant surtout d’éviter aux femmes et aux enfants de passer chaque jour une à deux heures à piler le riz en plus de porter les seaux d’eau sur la tête plusieurs fois chaque jour sur de longues distances. A elles de le gérer pour qu’il fournisse les revenus suffisants pour entretenir/remplacer les machines et permettre de nouveaux investissements. L’autre but était de permettre aux femmes de créer une réserve d’argent pour prêter aux adhérentes sous forme de micro-crédit.
Le groupe électrogène ne fonctionnait que pour produire de l’électricité dans 30 ou 40 maisons à l’entour, de 18h à 22h, ce qui était déjà une vraie révolution. Les enfants et les adultes peuvent travailler ou lire plus longtemps, écouter de la musique, regarder des vidéos là où existe des écrans cathodiques. Ceci était leur souhait. Mais la belle histoire risquait de tourner court, sans le décorticage, les rentrées d’argent étant trop faibles pour assurer la maintenance de l’ensemble. Par ailleurs, une question importante n’a pas encore trouvé de solution : pour que tout le matériel fonctionne(un matériel chinois qui a coûté 5 fois moins cher qu’ici mais qui est aussi 5 fois moins résistant), il faut un mécanicien responsable payé. Pour le moment Méline n’a pas découvert cet oiseau, apparemment, très rare.

La case ENM. Sur un terrain donné par Méline, nous avons fait cons¬truire une case en falaff par Jean-Claude, son mari, avec sol en béton et toilettes extérieures. Nous disposons de 2 chambres de 5 m2 avec vue sur le soleil couchant, prêtes à accueillir ceux qui passeront une ou plusieurs nuits là-bas. Que ceux qui sont intéressés sachent qu’ils seront accueillis par Méline pour partager ses repas. La case est ponctuellement occupée par Patrick et son collègue, les 2 techniciens agricoles que ENM financent. Elle a coûté 150 euros. En septembre 2006, nous y étions 3, logés à la malgache.

Les techniciens agricoles, Patrick et Télesphore,ont été à Befotaka du 5 au 20 décembre où ils ont assuré plusieurs formations SRI-SRA (riziculture) : une pour des nouveaux apprenants et une autre pour des 2e année. Ils assurent aussi la formation au maraîchage pour des femmes venues parfois de très loin, d’Ambolobozo ou d’autres villes à 8h de marche. Méline prend en charge les repas collectifs chez elle, le riz est payé par ENM. L’année dernière, certaines avaient marché plus de 8h, avec leur ration de riz pour 8 jours sur la tête. Nous les avons rencontrés à Antafiabe en Septembre 2006, et nous avons pu admirer les premiers très beaux légumes de leurs potagers.
Le Concours de riziculture à Antafiabe a été l’occasion pour ENM et Méline de faire connaître à tous le travail effectué .Depuis notre première rencontre en 2001, Méline, cette infirmière-sage-femme autoformée a, en partie grâce au salaire mensuel de 30 euros que lui verse ENM, accompli un travail énorme au niveau des soins mais surtout au niveau de l’organisation des femmes, de la prévention santé, du planning familial et de bien d’autres choses. Elle est la seule à savoir exprimer les besoins de cette communauté paysanne et à être capable de mettre en action leurs réalisations dans le temps. Sans elle, ENM n’existerait pas. Créée en 2002 par Méline, FRN (Femmes, réveillons-nous) regroupe plus de 500 femmes sur un rayon de plus de 8h de marche autour de Befotaka. C’est certainement la réalisation la plus apte à améliorer la situation des populations rurales de cette région en ce qui concerne la vie et la survie quotidienne : santé et alimentation des femmes et des enfants.
Par ailleurs, FRN a créé une mutuelle santé pour ses adhérentes qui tente de prendre en charge, dans les cas graves, les femmes et leurs enfants : celles qui ne peuvent pas payer des soins importants à l’hôpital d’Antsohihy par exemple. L’atelier décortiquage-soudure-groupe électrogène a d’autant plus de sens s’il peut être aussi une réserve de trésorerie pour cette mutuelle.


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