Échange non marchand

Réalisations 2003

samedi 27 février 2016 par Échange non marchand

REALISATIONS 2003

Continuation et amélioration des actions commencées en 2002

L’hôpital ou CSBN II (Centre de Santé de Base Niveau 2)

Cet établissement a en charge la santé de plus de 30 000 personnes. Le personnel se compose d’un médecin, d’un infirmier et d’une sage-femme. Pour les maladies graves, l’hôpital d’Antsohihy est à 5h de taxi-brousse en saison sèche. C’est un voyage très cher, souvent trop cher, 8€ A et R, pour la plus part des paysans de la région. Pendant la saison des pluies, la route est coupée pendant 4 à 5 mois, il ne reste alors que la pirogue.

80 kgs de médicaments ont été fournis en 2003 au CSBN de Befotaka : ils ont permis à Honoré, le médecin, de soigner les malades qui n’avaient pas les moyens d’acheter au dépôt de médicaments ceux qui leur étaient indispensables + des seringues et des capsules d’insensibilisant pour les urgences dentaires.
Nous avons fourni du violet de gentiane en poudre pour 3ans : il s’agit d’une préparation pharmaceutique qui permet de soigner 95% des problèmes de peau.
En octobre nous avons aussi acheté 400 doses de médicament contre la bilharziose à la pharmacie d’Antsohyhi. Elles seront revendues à chaque malade par Honoré, au prix de 7,5ct/€ ou 500fmg, le ¼ du prix d’achat.

On pourrait objecter que ce médicament devrait être donné ! ceci ne nous semble pas souhaitable : aider n’est pas assister, et les sommes ainsi "récupérées" seront réinvesties par les intéressés eux-mêmes dans l’achat de produits nécessaires. Cette démarche s’applique aussi à l’arrachage des dents, et s’appliquera à l’utilisation de la décortiqueuse - quand nous pourrons l’acheter...(?)

Le fauteuil de dentiste, la centaine d’instruments de chirurgie dentaire et le scyalithique fabriqué par nos soins sont retournés dans les locaux de l’hôpital. Pour des raisons de jalousie et de luttes de pouvoirs, ces outils avaient été mis à l’abri de certaines convoitises au domicile du médecin, en février 2003.

Pour clarifier les choses, nous avons remis un inventaire et une lettre de mise à disposition de ce matériel prêté par ENM au CSBI II au médecin-inspecteur et au sous-préfet d’Analalava.

Dans la continuité des actions de suppression des chauve-souris (millions de crottes et de cris dans les locaux) et chaulage des murs, nous avons décidé de salarier une femme de ménage - CDD de 6 mois, 28€/mois -. Honoré, qui est souvent obligé de voir 100 patients/jour, Méline ou l’infirmier ne pouvaient se charger de ce travail indispensable pour la réduction des foyers infectieux.

Pour la stérilisation des instruments de chirurgie dentaire ou le réemploi de seringues jetables et d’aiguilles réaffûtées, nous avons apporté 2 cocottes minutes. Conséquences directes : il faut 3 fois moins de charbon de bois et la stérilisation est nettement améliorée.

Méline

Elle est la représentante de l’association ENM, et reçoit depuis 1an 75 €/ mois. En plus de son travail d’infirmière et de sage-femme à l’hôpital, elle gère les actions entreprises par l’association, reçoit l’argent qu’elle va chercher à Antsohihy, nous fait des rapports d’activité et assure la comptabilité. Sans sa détermination, sa capacité à comprendre et à réagir rapidement, aucune des actions entreprises par l’association n’existerait.

Elle s’est engagée dans la course à la mairie qui va se jouer fin novembre début décembre 2003. Nous lui souhaitons de réussir, en espérant qu’elle pourra faire bouger les choses dans cette ville où seuls les camions qui passent en brinquebalant donnent l’illusion d’un changement.

Les soins dentaires d’urgence

C’est en réponse à la demande d’instruments de chirurgie dentaire venant d’Honoré, le médecin, et de Méline, que l’association ENM a été créée en Mai 2002.

Depuis, grâce à l’enseignement théorique et pratique fait par Jacques Drouhin sur place et au travail des soignants, devenus depuis d’excellents urgentistes, les habitants de la région ne sont plus sans solution. Abcès et maux dentaires peuvent maintenant être soignés à l’hôpital. ENM assure l’approvisionnement des doses d’insensibilisant.

Ambalasoutry, Tsyninga et Ambondrona , 3 villages de brousse à quelques heures de marche à l’Est de Befotaka, ont été visités par une association soignante malgacho-française : le médecin plus un infirmier(e) pour la sensibilisation à la prévention et les vaccinations anti-polio. Jacques pour les dents, Sonia, une jeune ostéopathe d’Auxerre, et Nicolas, le reporter d’images, formaient le reste du groupe.

En quelques jours, des centaines de dents ont été arrachées par le tandem Jacques et Honoré. En dehors de l’insensibilisation équivalente à celle faite en Europe, c’est une médecine de guerre que l’équipe est obligée de pratiquer.

La chirurgie dentaire a été faite le plus souvent debout ou assis sur un banc, contre un mur, sous un auvent ou simplement à l’ombre d’un grand manguier. (voir le documentaire Octobre à Befotaka)

Une centaine de villageois formait un cercle attentif, parfois rigolard. Un authentique reality-show champêtre avec du vrai sang se déroulait devant les enfants et les adultes, tour à tour spectateurs et acteurs, réunis pour cette grande première.

La bibliothèque

- Le fonctionnement

Dans une salle de classe dédiée à cet usage, la bibliothèque n’a pas été régulièrement ouverte. Problèmes de jalousie ou d’absences du directeur du CEG, refus de donner la clé en ont été les causes. Nous avons appris que ce fonctionnaire, qui doit nourrir une importante famille - il a en plus la charge des enfants d’un parent proche récemment décédé – partait fréquemment à la pêche pour nourrir tout son monde, au lieu d’être au CEG.

Ces difficultés seront bientôt oubliées. D’après nos dernières informations, le toit du nouveau bâtiment devrait être bientôt posé. Selon Monsieur Daudet, l’entrepreneur en charge de la construction, la bibliothèque toute neuve ouvrira ses portes avant la saison des pluies.

ENM a crée un poste de bibliothécaire salarié, pour 100h, 36€/mois. C’est une jeune femme, ayant fait des études supérieures, qui aidera les lecteurs, organisera la bibliothèque et gérera les prêts.

- La construction

Nous avons constaté le sérieux du travail fait pour les fondations : de gros blocs de pierres ont été bétonnés dans des rigoles de 70cm de profondeur. Pour accélérer la construction, Nicolas et Méline sont allés acheter à Antsohihy les fers tors destinés aux poteaux en béton de renfort des murs en briques cuites.

C’est avec la pirogue à voile de Claude que les 400kgs de ferraille ont été transportés jusqu’à Befotaka. Avec le boutre, c’est le moyen le moins cher pour acheminer du matériel lourd ou pour se déplacer.

Le voyage aura duré plus de 24 h pour parcourir 70 Kms à travers le golf de la Loza, puis remonter le fleuve de Mévarane ; la raison : problèmes de marée, de manque d’eau, de courants contraires, d’absence de vent, qui contraindront à pagayer de nuit pendant des heures…

- Les livres

Quand nous avons quitté Madagascar, fin octobre, les livres partis de France en Juillet n’étaient pas encore arrivés à Befotaka. La Société de Transport Vélo de Tananarive, en qui nous avons confiance, avait 2 camions en panne à Sambava dans le Nord, à 500kms de Tana. La moitié de cette distance est une piste complètement défoncée sur laquelle un camion en bon état parcourt en moyenne de 5 à 8 kms par heure. Le matériel souffre énormément.

Depuis que le nouveau gouvernement s’est mis au travail, la réfection des routes est redevenue le plus grand problème de Madagascar. Pendant les 4 à 5 mois de la saison des pluies, la Nationale 6 est impraticable. Quand on sait que 70% de la population malgache est rurale on comprend mieux pourquoi son niveau de vie est aussi bas.

Quand ils arriveront et seront mis en place, la bibliothèque possédera environ
10.000 livres, 80% scolaires, plus des romans, des magazines, des BD et des jeux éducatifs.

La cantine

En 2002, nous avions financé l’achat de 3 tonnes de riz. La cantine a permis à 450 enfants de se nourrir chaque jour pendant la saison des pluies. Des enfants des écoles catholiques comme ceux des écoles publiques ont été accueillis sans aucune discrimination.

Beaucoup d’entre eux arrivaient à l’école le ventre vide. La cantine est pour certains enfants non seulement un moyen de survie ( c’était leur seul vrai repas de la journée), mais en plus elle encourage les parents à les envoyer à l’école. Ce fut un succès salué par tous.

Revers des choses, la durée de son fonctionnement a été trop courte. Elle n’aura fonctionné que 2 mois malgré l’intervention complémentaire d‘une association financée par la Banque Mondiale. Les raisons invoquées sont le refus du maire de continuer à fournir du bois pour la cuisson du riz et du bouillon, sans doute aussi son trop grand succès.

ENM a acheté, à titre expérimental, un cuiseur solaire pour pallier ce problème de fourniture du bois, en sachant bien que ce sera insuffisant pour préparer 450 repas, les jours de pluie particulièrement. Pour le moment, le budget de la mairie est si mince qu’il lui est certainement difficile de prendre en charge la cantine, même s’il s’agit seulement de la fourniture du bois pendant 4 mois.


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