Échange non marchand

Historique

Naissance de l’Association
samedi 27 février 2016 par Échange non marchand

HISTORIQUE

Prologue : la rencontre

Tout a commencé en octobre 2001, à l’occasion d’un voyage à Madagascar en compagnie de mon amie Pequelette : nous avions fait le tour de la partie Nord de l’île, en taxi-brousse, camion- brousse, d’un saut d’avion quand il n’y avait aucune piste, et en boutre.

C’est sur la terrasse de l’hôtel Patricia, à Ambanje, que nous avons été abordés par Christophe, un jeune électricien français qui avait pris pension pour un moment dans cette ville. Lui ayant dit que nous cherchions à rallier la ville d’Analalava, un endroit aussi magnifique qu’inatteignable par la route, il nous dit : " Arrêtez-vous à Befotaka et demandez à voir Méline, la maman de Marius, qui fait office d’infirmière et de sage femme. Vous verrez là-bas la bibliothèque que j’ai montée en convoyant des livres de France à mes frais. Ensuite il vous faudra marcher huit heures pour arriver à Analalava. "

Quelques jours plus tard, après avoir atteint Befotaka, rencontré Méline et, au passage, Pequelette l’ayant aidée à faire un accouchement d’urgence - à même la terre et à la lumière d’une bougie, devant sa case- nous repartions à bord d’un boutre pour Analalava, avec une demande de Méline : instruments de chirurgie dentaire et livres de classe pour le collège.

Chapitre 1 : tout commence

De retour en France je racontai à Jacques, mon dentiste, l’histoire de Méline à Befotaka et lui fit aussi part de sa demande particulière : des instruments de chirurgie dentaire dont il n’aurait plus l’utilité. Là-bas, s’il n’y a peut être pas autant de problèmes dentaires qu’ici, il n’y a de toute façon rien, ni personne pour les soigner.

Et c’est ainsi qu’après avoir donné le matériel demandé, puis réfléchi à cette histoire, Jacques et moi-même décidâmes de créer ensemble une association autour de la demande de l’infirmière bénévole de la ville de Befotaka, Méline. Jacques récupéra ses instruments et décida qu’il irait les porter avec le mode d’emploi : lui-même.

Après quelques mois de recherches de dons de particuliers, après avoir récupéré des livres scolaires pour équiper la bibliothèque de la petite ville de 18 000 habitants, un envoi par container d’une tonne de papier plus un fauteuil mécanique de dentiste fut organisé. L’association Echanges Non Marchands, née depuis à peine 3 mois dans un sifflement de roulette de dentiste, venait de faire son premier pas. Le deuxième se fera à Madagascar.

Chapitre 2 : Octobre 2002 : en route pour Befotaka

Le lieu des premières rencontres, le point de départ vers Befotaka est la terrasse de l’hôtel Patricia à Ambanje.

Auvent contre le soleil et la pluie couvrant l’ensemble et colonnade exotique genre villa de la riviera nous séparent à peine des charrettes à zébus, taxi 4l et marcheurs qui parcourent les rues de la ville Sakalave. La température est tropicale dans cette cité de moyenne importance, située au nord-ouest de Madagascar, proche de l’île touristique de Nosy Be. Les propriétaires de l’hôtel sont un couple malgache sans doute métissé franco-chinois : elle petite, ronde et fermée, un peu cachée derrière son bar-épicerie, lui plutôt jovial : des gens profondément chaleureux.

C’est là que nous avions rencontré Christophe, le point de départ de toute cette aventure qui n’a pas fini de nous étonner. C’est là qu’on attend 1 ou 2 jours un taxi-brousse pour nous faire parcourir les 100 kms de la RN6 qui nous séparent de Befotaka

En effet, pas question de laisser partir un break Peugeot ou un minibus coréen sans le plein, bien serrés, de passagers et sa galerie bourrée de bagages bâchés contre pluie, poussière rouge et très gros chaos. L’essence est trop chère et la piste beaucoup trop mauvaise pour rentabiliser le voyage sans cela. C’est donc la course dans toute la ville pour trouver le nombre de voyageurs suffisant : condition sine qua non du départ. Rangez vos montres, changez les références de votre horloge interne et découvrez un nouveau monde.

Ces 24h environ d’attente et de route qui se terminent le plus souvent au milieu de la nuit sont un véritable voyage initiatique pour un occidental averti. Soit ses références pour émettre un jugement changent profondément, soit la panique risque de l’emporter et de se transformer en colère sans objet et (ou) en découragement.

Comment peut-il comprendre que cette unique route nationale qui relie le tiers Nord de la grande île à la capitale et au reste du pays soit cette piste complètement défoncée ? Que par-là passent les marchandises, les voyageurs et les urgences pour 5 millions d’habitants ? Alors que dans toute l’Europe, le moindre chemin qui relie une petite route de campagne à une ferme isolée est bitumé, plat et sans trou, le chauffeur de taxi expérimenté atteint difficilement une moyenne de 10km/h. L’arrivée à Befotaka sera aussi dépaysante que le voyage.

Chapitre 3 : premier contact

Après 8h de secousses en taxi-brousse, nous avons été accueillis chaleureusement par Méline tard dans la nuit. Nous l’avons embrassée dans l’atmosphère un peu irréelle produite par la lumière de petites flammes tremblotantes. Çà et là, des lampes à pétrole faites avec des boîtes de lait Nestlé éclairaient quelques mètres carrés. Sur les bancs de leurs étals, au bord de la route, dormaient des femmes attendant quelques voyageurs attardés.

Urgence le lendemain matin à 7h. Méline demande à Jacques de l’aider pour un accouchement difficile. La paire de ciseaux rouillés pour percer la poche des eaux et la table de travail écaillée et trop vite nettoyée des crottes de chauve-souris de la nuit, n’empêcheront pas le bébé de naître dans de bonnes conditions. L’émotion de cette première expérience sortira Jacques de l’hôpital en larmes.

L’infirmier officiel étant absent pour excès de boisson, Jacques aidera ensuite Méline à faire les piqûres et les soins demandés par Honoré le médecin.

Le surlendemain matin, il y a la queue devant l’hôpital ; le siège de dentiste enfin opérationnel accueille sa première cliente. Une jeune femme de 20 ans s’installe : sur sa joue une vilaine plaie. L’abcès dentaire a traversé la chair. Méline et Honoré participent à leur première intervention : piqûre d’insensibilisation dans la gencive avec une seringue-pistolet et arrachage de la dent avec les pinces inox juste sorties de leur emballage. Elles brillent ici comme des objets venus d’ailleurs.

En 5 jours, Méline et Honoré auront appris très vite les éléments essentiels de la dentisterie. Pour les urgences, ils sont maintenant autonomes, tant qu’ils auront des recharges d’insensibilisant. Jacques, à travers son savoir-faire, a découvert un nouveau monde à forte densité humaine - grosse charge émotionnelle - il a été et reste profondément touché.

Le but initial est atteint, alors que les besoins sont immenses : en faire l’inventaire, définir des priorités, apporter immédiatement une aide concrète vont occuper tout notre temps : ainsi Méline m’aide à trouver un maçon pour bétonner les hauts des murs de l’hôpital où nichent des milliers de chauve-souris. Elles crient, empuantissent toutes les pièces et recouvrent tout de leurs excréments. Le travail effectué, plus de chauve-souris, des murs blancs….Méline, et surtout Honoré ont retrouvé du courage….Les femmes de la ville n’en reviennent pas de cette propreté et de ce calme inhabituels….

Chapitre 4 : premières réalisations

Abandonnons le mode du récit autobiographique et usons maintenant (nous ne pouvons l’éviter) du langage dépassionné et méthodique du rapporteur…mais pour ne pas mélanger les genres, tournons la page...


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